Conseil municipal du 22 mars 2019
Délibération 6 – Plan d’actions ville la nuit – Appel à projets « Les temps de la nuit »

« La première bataille : loger tout le monde dignement. Je veux partout des hébergements d’urgence. Je ne veux plus de femmes et hommes dans les rues. » déclarait Emmanuel Macron en juillet 2017

J’imagine Mme le Maire que nous avons ce point en commun de trouver que derrière les mots le compte n’y est pas.
Le 115 est saturé et il y avait au 1er janvier 2018, 4223 personnes domiciliées au CCAS , soit une augmentation de 250 %. Etre domicilié au CCAS, c’est ne pas avoir d’adresse, donc être à la rue ou en grande précarité de logement. D’où la nécessité pour les villes de se saisir aussi de cette question des personnes sans-abris, elles le font généralement via le CCAS et par un soutien aux associations : c’est l’objet de cette délibération, nous la voterons donc.

Parallèlement à ce soutien, ne devrions-nous pas mettre en place un recensement annuel des personnes sans-abris comme le font déjà certaines villes ? Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de fichage des Sdf, comme cela a pu être pratiqué un temps à Nantes mais bien d’identifier le nombre et les profils des sans-abris pour pouvoir anticiper et adapter la prise en charge et les dispositifs. Les réponses à apporter sont différentes selon qu’il s’agit de personnes qui travaillent, de familles, selon l’état de santé… Il me semble que cela devient indispensable, comme le souligne d’ailleurs un récent rapport parlementaire. C’est peut-être aussi d’ailleurs une porte d’entrée factuelle pour entamer des discussions avec l’Etat.

Ce sujet des sans-abris est finalement assez peu souvent évoqué en Conseil Municipal, si ce n’est sous l’angle des migrants, j’en profite donc pour souligner qu’on ne peut pas se réjouir, que Nantes ait été mentionnée par la fondation Abbé Pierre, lors des Pics d’or, qui récompensent les « pires dispositifs anti Sdf » dans la catégorie des « dispositifs les plus fourbes » pour les bancs des nouveaux abribus.

Enfin, Mme le maire, il me semble que dans cette question de l’accueil des plus vulnérables on doit avoir une gestion des dépenses particulièrement exigeante. Au CCAS, nous avons vu passé les conventions avec les organismes qui s’occupent des migrants. L’une d’elle concernait, la prise en charge de 6 migrants à Batz sur mer du 1er janvier au 17 février 2019 pour un montant de 102 224€. J’imagine ce qui aurait pu être fait avec une telle somme! Cette dépense qui résulte d’une mauvaise organisation est tout simplement scandaleuse.